Jusqu’à peu, le recours à l’assurance vie comme solution de gestion pour une clientèle européenne détenant des avoirs en Suisse se faisait encore souvent à la demande de clients ou de cas en cas. Il est indéniable que cette solution devient désormais un véritable outil stratégique au sein de la communauté de la gestion de fortune en Suisse.

Il suffit pour s’en convaincre d’observer à quel point les assureurs luxembourgeois, irlandais voire du Liechtenstein redoublent d’efforts afin de positionner leurs solutions en Suisse pour faire face à la demande d’une clientèle européenne. Ceci tout en externalisant graduellement, pour des raisons réglementaires, distribution et conseil en assurance à des intermédiaires spécialisés.

Conformité dans la juridiction de résidence du souscripteur, report d’impôt, simplification administrative, performance nette, planification successorale, souplesse de gestion, portabilité ou mobilité géographique pour une clientèle internationale ne sont que quelques un des avantages de cette solution multi-facettes qu’est l’assurance vie. Ce qui nous intéresse ici touche aussi et surtout aux avantages que présente le mécanisme de l’assurance du point de vue du gestionnaire d’actifs, opérant depuis la Suisse sous mandat ou en conseil auprès de clients fiscalisés principalement dans le cercle élargi de l’Union européenne voire au-delà.

L’assurance sert tant d’outil de rétention que d’outil d’acquisition voire de diversification. Outil de rétention d’abord : Vis à vis de clients pour qui la distance avec la Suisse et la charge administrative et fiscale d’une gestion directe d’actifs mobiliers hors de leur juridiction fiscale constitue parfois une incitation au rapatriement de l’épargne vers le domicile. L’inclusion d’actifs au sein du contrat d’assurance permet le maintien des actifs au sein de la banque du client, de poursuivre la gestion du portefeuille sous mandat (voire en conseil selon les cas) mais dès lors en situation de report d’impôts. Le contrat d’assurance a aussi pour effet de passer à l’assureur la charge de la production du reporting fiscal, reporting se devant d’être bien entendu conforme aux dispositions du pays de résidence du souscripteur.

Outil d’acquisition ensuite : L’assurance vie permet de poser la gestion et le savoir suisse en matière de conseil en investissement sur un pied d’égalité avec les produits ou solutions locales dans le pays de résidence du client. L’assurance gomme ainsi la distorsion ou le désavantage compétitif que constitue pour le gestionnaire suisse le cadre fiscal de la juridiction du client. Cela se résumerait ainsi : Gestion et savoir-faire suisse sous enveloppe européenne conforme et fiscalement efficiente.

Enfin, à titre de diversification, et en ces temps financiers incertains et troublés, le couple vertueux formé par l’assurance vie luxembourgeoise et la gestion de fortune suisse plaît certainement tant par l’offre de gestion multi devises que l’accès à des solutions et outils de placement haut de gamme et personnalisés.

D’un point de vue pratique et avant toute chose, l’étanchéité fiscale que confère l’assurance à la gestion d’un portefeuille permet de libérer le gestionnaire dans ses actes quotidiens. La réalisation de plus-values latentes sur titres, le revenu d’intérêt ou le dividende entre autres choses ont un tout autre effet sur la performance de gestion lorsqu’ils sont réalisés sous le couvert protecteur de l’assurance. On bénéficie dès lors de l’effet capitalisant du contrat d’assurance sur la performance. Dans bien des pays, aucune fiscalité ne trouve à s’appliquer sur les contributeurs à la performance de gestion tant et aussi longtemps qu’aucun rachat ou retrait n’intervient. Et lorsque se fait ressentir le besoin de retirer des fonds du contrat, seule la part « croissance de valeur » du montant retiré est taxée au prorata de la performance de gestion. Ce qui réduit d’autant l’impact fiscal en particulier dans les pays n’appliquant une fiscalité différenciée et avantageuse sur la performance de gestion dès lors qu’elle est réalisée sous assurance.

En conséquence, on observe que de plus en plus d’acteurs de gestion en Suisse se tournent donc vers l’outil assurance, mais désormais sous un angle stratégique et avec une bien plus grande systématique vis à vis d’une clientèle potentielle ou existante. Et contrairement à certaines idées reçues, quand bien même le contrat d’assurance a son prix, ce dernier aspect est souvent plus que largement compensé par le gain de performance nette, la planification et la simplification pour toutes les parties.

Published 24 June 2022 Sphere swiss

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